Compter (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(p ne se prononce pas)
XII e siècle, conter. Du latin computare, « , calculer », de cum, « avec », et putare, « élaguer les arbres », « apurer un compte », « , juger ». Réfection étymologique de conter, spécialisée au sens de « calculer ».

I. V. tr.
1. Dénombrer, calculer le nombre de. Compter des pièces de monnaie, de la monnaie. Compter son argent. Compter les dizaines, les centaines. Compter les suffrages, les voix. Je les ai comptés un à un. Comptez combien il y a de personnes. Nous nous sommes comptés : nous étions dix. Compter les coups, les points d'une partie. Fig. Compter les coups, les points, assister à une discussion, à une querelle sans y prendre part. Compter les jours, être impatient dans l'attente d'un évènement désiré, trouver le temps long. Litt. Par exag. Ses victoires ne se comptent plus, sont très nombreuses. Absolt. Compter jusqu'à vingt, jusqu'à cent. Il sait lire, écrire et . Compter sur ses doigts, en faisant correspondre chaque unité à un doigt de la main. Il compte juste. Loc. prép. À de, à partir de, à dater de. À de telle date, le musée sera fermé le mardi.
2. Mesurer avec parcimonie. Compter ses pas, marcher lentement. Il lui comptait le pain qu'elle mangeait. Compter les morceaux à quelqu'un (vieilli), ne lui donner que le strict nécessaire. Ses jours sont comptés, il n'a plus guère de temps à vivre, sa mort est proche. Absolt. Être obligé de , de surveiller ses dépenses. Elle sait , elle est attentive à ses intérêts. Elle dépense sans . Il se dévoue sans . Loc. adv. Sans , sans limite.
3. Fixer la valeur d'une chose ; la mettre au débit ou au crédit de quelqu'un. Je vous compte ce meuble à son prix de revient. Dans sa facture, il a compté la dépose et la repose du moteur. Fig. Ce bienfait vous sera compté, vous en serez récompensé.
4. Faire entrer en compte, inclure dans une énumération. Nous étions douze, sans les enfants. Sans vous . En me comptant. Vous avez oublié de untel. Je ne compte pas la perte qu'il a faite, on l'en a dédommagé. Sans tout ce qu'il a reçu. Sans que le vivre et le couvert vous seront assurés. Fig. Faire figurer dans un ensemble. Je crois pouvoir vous au nombre de mes amis. Il compte des rois parmi ses aïeux. Cet exploit doit être compté parmi les plus hauts faits d'armes. L'empereur comptait cette terre parmi ses possessions.
5. Contenir ; comprendre ; totaliser. Cette ville compte dix mille habitants. Leur association compte plus de mille adhérents. Il compte dix années de service, il est dans cet emploi depuis dix ans.
6. Évaluer la quantité nécessaire ; estimer. Pour recouvrir ce siège, il faut trois mètres de tissu. Je compte deux heures pour venir chez vous. Expr. fig. Tout bien compté, tout bien examiné. Tout bien compté, il a eu raison.
7. Prévoir de, s'attendre à, envisager de ; espérer, croire. Il comptait recevoir une grosse somme. Nous comptons partir demain. Elle compte de partir bientôt (vieilli). Je comptais que vous viendriez à mon aide. Je ne compte pas qu'il puisse atteindre ce but.

II. V. intr.
1. Être au nombre de, figurer parmi. Pasteur compte parmi les bienfaiteurs de l'humanité. Il a cessé de parmi les vivants. Il a toujours au rang de mes amis.
2. Être pris en compte. À la fin d'un vers, la syllabe muette ne compte pas. Dans cette délibération, la voix du président compte double. À table, il compte pour deux, il mange énormément. Expr. fam. Compter pour du beurre, voir .
3. Être estimé, avoir de la valeur, de l'importance. C'est un personnage qui compte. Elle compte beaucoup pour lui. Cela seul compte. Cela ne doit pas . Un homme pour qui l'argent ne compte pas, n'a pas de valeur, soit qu'il le méprise, soit qu'il le dépense sans mesure. Ce qui compte, c'est la réussite, c'est de réussir.
4. Loc. Compter avec, tenir compte de. Compter avec l'opinion publique, avec les circonstances. Il faut avec lui, il ne faut pas sous-estimer son importance ou son influence. Compter sans, ne pas tenir compte de. C'était sans le hasard. Compter sur, avoir confiance en, se fier à. Vous pouvez sur moi. Ne comptez pas sur ses promesses. Compter sur ses propres forces, sur son crédit, sur son savoir, sur sa mémoire. Iron. et par antiphrase. Vous pouvez toujours sur sa reconnaissance !


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Calculer une quantité, tel ou tel ensemble de choses. "Compter de l'argent. Comptez combien il y a de personnes là. Compter les heures. Compter les voix. Compter les suffrages. Compter des soldats. Je les ai comptés un à un. Compter les mois par les révolutions lunaires. Chaque semaine, on compte le linge à remettre à la blanchisseuse." Absolument, "Compter vite, avec une règle à calcul. Compter jusqu'à vingt, jusqu'à cent. Compter sur ses doigts."
Par extension, "Compter les jours, les heures, les moments, etc.," se dit pour exprimer qu'on trouve très longs les jours, etc. "Je compte les moments passés loin de toi."
"Compter une somme à quelqu'un," La lui payer. "On lui compta mille francs. Plusieurs sommes lui ont été comptées."
"Compter une chose à quelqu'un," Lui en tenir compte. "Dieu nous a un verre d'eau et un soupir donnés en son nom."
Fig. et fam., "Compter les morceaux," Tenir compte de ce que quelqu'un mange, et, par extension, Tenir compte de ce qu'il dépense, pour quelque chose que ce soit. Fig. et fam., "Compter les morceaux à quelqu'un," Ne lui donner que le juste nécessaire.
Fig. et fam., "Compter ses pas," Marcher lentement, ou, par extension, Ne pas marcher volontairement. "Marcher à pas comptés. Compter tous les pas de quelqu'un," L'observer de fort près, le surveiller attentivement.
"Compter tant d'années de service, d'exercice, etc.," Avoir servi, avoir été dans un emploi pendant tant d'années. "Il comptait dix années de service. Ce prince comptait déjà vingt années de règne." On dit de même, en parlant des Monuments, des institutions, des peuples, etc., "Compter tant d'années, de siècles, etc., d'existence. Compter tant d'années, de printemps, etc.," Être âgé de tant d'années. "Elle comptait à peine seize printemps. Il comptait déjà soixante hivers."
Fig., "Ses jours sont comptés," Le terme de sa vie est proche, il n'a plus que quelques jours à vivre.
Fig., "Tout compté," ou "Tout bien compté," Tout bien examiné, tout compensé. "Tout bien compté, nous n'aurons pas à regretter d'avoir agi ainsi."
À COMPTER DE, À partir, à dater de. de demain, le prix des places sera augmenté."
Il signifie quelquefois figurément, dans le style élevé, Marquer, signaler, et alors il est toujours suivi de la préposition "par. Compter ses jours par des bienfaits. Toutes les années de son règne furent comptées par des triomphes."
Il signifie aussi Comprendre dans un compte, dans une énumération. "Nous étions douze, en comptant les femmes, sans les enfants. Sans vous . En vous comptant. Vous avez oublié de un tel. Je ne compte pas la perte qu'il a faite, on l'en a suffisamment dédommagé. Sans tout ce qu'il a déjà reçu. Sans que vous serez nourri et logé. Voyez combien nous sommes, et n'oubliez pas de vous ."
"Compter parmi ses aïeux, parmi ses ancêtres, etc.," Avoir au nombre de ses aïeux, de ses ancêtres, etc. "Il compte des rois parmi ses aïeux. Il compte des maréchaux de France et des connétables parmi ses ancêtres." On dit de même, "Compter une personne, une chose parmi d'autres," en parlant d'une Personne, d'une chose qui est ou que l'on range parmi d'autres. "On comptait parmi les coupables tels et tels. Cet exploit doit être compté parmi les plus glorieux. Il comptait parmi ses provinces tel ou tel pays." Dans ce sens, il signifie souvent Comprendre. "Cette ville compte dix mille habitants." On dit aussi "Compter au nombre. Je crois pouvoir vous au nombre de mes amis."
Il se prend aussi dans le sens passif d'Être compté. "Cela ne compte pas, ne peut pas , ne doit pas . Il a cessé de parmi les vivants."
Il s'emploie aussi intransitivement et signifie Calculer. "Il sait lire, écrire et . Voyons ce que vous avez reçu, ce que vous avez dépensé, il faut . Ce n'est pas le tout que de , il faut payer. Il ne veut ni ni payer."
Fig., "Savoir ," Être fort attentif à ses intérêts. "C'est un excellent homme, mais il sait ."
"Recevoir, prendre, donner sans ," Recevoir, prendre, donner à pleines mains.
"Compter avec quelqu'un," Régler le compte qu'on a avec lui. "J'ai compté avec un tel, je ne lui dois rien."
Fig., "Compter avec quelqu'un," Tenir compte à quelqu'un de ce qu'il veut, de ce qu'il peut, de ce qu'on lui doit. "Ce personnage a désormais de l'autorité, il faut avec lui." Il se dit aussi des Choses. "Il faut avec l'opinion publique. Il faut avec les circonstances."
Fig., "Compter avec soi-même," Régler les comptes que l'on a avec sa conscience.
Prov. et fig., "Qui compte sans son hôte, compte deux fois," On se trompe ordinairement quand on compte sans celui qui a intérêt à l'affaire, quand on espère ou qu'on promet une chose qui ne dépend pas absolument de nous. On dit de même, "Il a compté sans son hôte."
Il signifie aussi Se proposer, croire. "Il compte partir demain. Comptez que vous me trouverez toujours prêt à vous servir."
"Compter sur quelqu'un," Faire fond sur lui, comme sur un homme dont on est assuré. On dit dans le même sens, "Compter sur quelque chose. Compter sur ses forces, sur sa jeunesse, sur ses grands biens, sur son crédit, sur son savoir. Il ne faut sur rien de ce qu'il promet. Ne comptez pas sur ses promesses."
"Compter pour" signifie Réputer, estimer. "Il faut le pour mort. Il compte pour rien tous les services qu'on lui rend. Il compte cela pour beaucoup. Pensez-vous qu'il se compte pour rien?"



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Faire un calcul. Compter de l'argent. Il compta les baliveaux.
DELAV.: « Et tout ce peuple ingrat pour qui je périrai, S'enivrant du plaisir de mes blessures »
BOSSUET: « Voyez, chrétiens, comme les temps sont marqués, comme les générations sont comptées ; Dieu détermine jusqu'à quand doit durer l'assoupissement »
BOILEAU: « En un mot, qui voudrait épuiser les matières, Peignant de tant d'esprits les diverses manières, Il ait plutôt combien dans un printemps Guenaud et l'antimoine ont fait périr de gens »
    Compter quelque somme à quelqu'un, lui faire un payement en comptant les espèces. Je lui ai compté mille francs.
    Fig.
MOL.: « Ah ! souffrez qu'un couvent dans les austérités Use les tristes jours que le ciel m'a comptés »
RAC.: « Sais-je combien le ciel m'a compté de journées ? »
    Fig. Compter les heures, les jours, éprouver l'impatience que donne l'inquiétude ou l'attente.
HAMILT.: « Il commençait à les moments dans l'attente de son retour »
RAC.: « Tu comptes les moments que tu perds avec moi »
MOL.: « Ces maximes sévères Qui font que les enfants comptent les jours des pères »
    Compter par, signaler par.
MASS.: « Vous ne comptez vos jours que par des sacriléges »
VOLT.: « Vous comptez tous vos jours et marquez tous vos pas Par des plaisirs affreux ou des assassinats »
LA FONT.: « Et qui, faisant fléchir les plus superbes têtes, Comptera désormais ses jours par ses conquêtes »
    Compter dix, vingt années de services, avoir servi l'État pendant dix, vingt années.
    Compter tant d'années, de siècles d'existence, se dit des monuments, des institutions, des peuples qui durent depuis tant d'années, de siècles.
    Poétiquement. Compter tant d'années, tant de printemps, tant d'hivers, être âgé de tant d'années. Cette jeune fille comptait seize printemps. Ce vieillard compte quatre-vingts hivers.
    Compter les morceaux, se dit d'un avare qui regrette ce qu'il donne à manger. Compter les morceaux de quelqu'un, ne lui donner que le juste nécessaire. Compter les morceaux à quelqu'un, tenir compte de ce qu'il mange et, en général, de ce qu'il dépense.
    Compter ses pas, marcher lentement ; et fig. Faire les choses avec mesure et circonspection.
    Compter tous les pas de quelqu'un, l'observer de fort près.
    Absolument, dans la musique, suivre la mesure sans jouer ni chanter.

 2   Faire le compte de. Compter la dépense. Comptez, je vous prie, ce que nous coûte notre séjour à l'hôtel.
    Absolument. Avant de partir il faut .

 3   Comprendre en un compte, porter en compte. Comptez-vous ce que je vous ai avancé ? Je ne compte pas cela.
    Par extension.
MASS.: « Vous ne devez à vous de vos revenus que ce qui est nécessaire pour soutenir l'état.... »
    Compter quelque chose à quelqu'un, mettre sur son compte : Il m'a tout compté, jusqu'à la bougie ; et fig. lui en tenir compte.
BOSSUET: « Servez donc ce roi immortel et si plein de miséricorde, qui vous a un soupir et un verre d'eau donnés en son nom, plus que tous les autres ne feront jamais tout votre sang répandu »
J. J. ROUSS.: « Il est doux pour un amant de faire des sacrifices qui lui soient tous comptés »
    Ne à rien quelque chose, n'en pas faire cas.
CORN.: « Je ne vous compte à rien le nom de mon époux »
CORN.: « Depuis quand le retour d'un coeur comme le mien Fait-il si peu d'honneur qu'on ne le compte à rien ? »

 4   Ranger quelqu'un, quelque chose parmi d'autres personnes, parmi d'autres choses. On comptait parmi les conjurés des hommes considérables. Rome comptait la Gaule parmi ses provinces. Je vous compte au nombre de mes amis.
RAC.: « Vous que l'Orient compte entre ses plus grands rois »
RAC.: « En combattant pour vous, me sera-t-il permis De ne vous point parmi mes ennemis ? »
CORN.: « Il vous compte déjà pour un de ses sujets »
    Compter parmi ses aïeux, ses ancêtres, avoir au nombre de ses aïeux, de ses ancêtres.
RAC.: « Silanus, sur qui Claude avait jeté les yeux Et qui comptait Auguste au rang de ses aïeux »

 5   Énumérer.
BOSSUET: « Baruc, Daniel, sans les autres »

 6   Dater.
RAC.: « [Rome] Du règne de Néron compte sa liberté »

 7   Réputer, regarder comme.
BOSSUET: « Mais peut-être que, prêt à mourir, on a pour quelque chose cette vie de réputation ou cette imagination de revivre dans sa famille qu'on croira laisser solidement établie »
BOSSUET: « Comptons donc comme très court, chrétiens, ou plutôt comptons comme un pur néant tout ce qui finit »
FLÉCH.: « St Paul ne comptait pour rien d'être jugé des hommes »
FÉN.: « Il comptait pour rien les hommes »
FÉN.: « Vous ne comptez pour rien l'immortalité »
RAC.: « Pour quelque chose, Esther, vous comptez votre vie ? »
RAC.: « Et comptez-vous pour rien Dieu qui combat pour vous ? »
RAC.: « Comptez-vous vos soldats pour autant de héros ? »
MASS.: « Un esprit frivole et léger n'est capable de rien ; et tout ce qu'il entreprend, on le compte déjà pour échoué »
MASS.: « Cette passion honteuse ne compte-t-elle pas pour rien tous les devoirs ? compte-t-elle pour beaucoup les bienséances mêmes ? »
MASS.: « Si vous êtes désabusé du monde, pourquoi comptez-vous encore pour quelque chose ses jugements ? »

 8   Faire cas de.
CORN.: « On ne daigne peser ni mon suffrage »

 9   V. n. Calculer. Il sait lire, écrire et .
    Savoir , être très éveillé sur ses intérêts.
BÉRANG.: « On siffle le patriotisme ; Ce qu'on sait le mieux c'est »
    Sans , c'est-à-dire à pleines mains, quand il s'agit de prendre ou de recevoir ou de donner.
    Ne pas après quelqu'un, accepter de confiance ce qu'il dit ou croit, etc.
VOLT.: « Je trouve vos résultats si probables que je ne compte pas après vous »
    Compter par bref, c'est sommairement et sur de simples mémoires ou bordereaux de compte.
    Cette femme ne compte plus, se dit d'une femme enceinte qui, près du terme, attend de jour en jour son accouchement.

 10   Arrêter un compte. Nous comptons chaque soir.
    C'est un homme qui ne veut ni ni payer, se dit d'un mauvais payeur.
    Compter avec quelqu'un, régler le compte qu'on a avec lui.
    Et fig.
LA BRUY.: « Ils comptaient en toutes choses avec eux-mêmes »
MASS.: « Comptons avec nous-mêmes avant que Dieu compte avec nous »
SAINT-SIMON: « Mon père devint tout à fait favori [de Louis XIII] et ne compta jamais avec aucun ministre »
FONTEN.: « La valeur et la capacité les plus réelles n'auraient pas suffi, il faut toujours dans de semblables choix avec l'opinion des hommes »
BÉRANG.: « Que les plaisirs vous couvrent de leurs ailes, Avec le temps vous ez plus tard »

 11   Rendre compte.
PELLISSON: « Il faut examiner si M. Fouquet et tout autre surintendant peut être obligé ; en aucun cas, de de son administration »
SAINT-SIMON: « De cette pratique de vertu [la dévotion], le comble de toutes les autres pour le commun des hommes, il [le duc de Bourgogne] ne doit pas être en crainte d'en un jour devant Dieu »

 12   Se proposer.
     Acad.: Il compte partir demain
FÉN.: « Il compte de se retirer dans un village »
SÉV.: « Il compte d'aller à Versailles »
SÉV.: « On compte de faire rebâtir cet appartement »
J. J. ROUSS.: « C'est qu'ils comptent de n'être jamais hommes »
MONTESQ.: « Je compte de me reposer le reste de mes jours »
FONTEN.: « Son inflexibilité leur assurait combien il comptait d'avoir pris le bon parti »
BOURDAL.: « Je n'ai qu'à vivre de la manière dont j'ai vécu jusqu'à présent ; et pourquoi ? parce que je compte de me repentir quelque jour, et de me repentir véritablement d'avoir ainsi vécu »
    Compter que, de, estimer, croire. Comptez que vous me trouverez toujours prêt à vous servir.
SAINT-SIMON: « Dubois comptait d'avoir fait beaucoup en réduisant l'Angleterre à consentir à la disposition des successeurs de Parme et de Toscane en faveur des descendants d'Espagne »
MASS.: « Peut-elle d'en être crue sur sa parole ? »
HAMILT.: « Après la réprimande qu'elle comptait qu'on lui eût faite »

 13   Compter sur, avoir espoir, confiance.
HAMILT.: « On ne pouvait jamais sur lui »
MASS.: « Personne n'ose lui dire qu'il ne doit plus sur la vie »
VOLT.: « Nous comptons tous sur toi, comme si dans ces lieux Nous entendions Caton, Rome même et nos dieux »

 14   Dater. La république romaine compte de l'expulsion des Tarquins.
    À de, à partir, à dater de. À de demain, cet enfant ira au collége.

 15   Être compté. Une syllabe élidée ne compte pas dans les vers latins. Il compte parmi les hommes les plus habiles de sa profession.
LAMART.: « Les pleurs comptent pour le sourire, Les nuits d'exil pour de beaux jours »
    Familièrement. Il ne compte pour rien, il n'a aucune influence personnelle.
    Cela ne compte pas, n'entre pas en compte ; et, figurément, cela ne fait rien à l'affaire.

 16   Se , v. réfl. Se mettre au nombre de.
CORN.: « Je ne me compte point pour un de vos sujets »
BOSSUET: « Elle apprend à se pour rien »
RAC.: « Le triste Antiochus Se compta le premier au nombre des vaincus »
    Être compté. Cela se compte. Cela ne se compte pas.

PROVERBE Qui compte sans son hôte compte deux fois, c'est-à-dire quand on fait son compte dans une auberge sans l'hôtelier, il se trouve qu'on n'a pas évalué la dépense assez haut, et, en général, quand on fait des arrangements sans consulter les personnes qui y sont intéressées, on court risque d'avoir des mécomptes.

REMARQUE
    1. Racine a dit :
RAC.: « Et l'on sait que toujours la Colchide et ses princes Ont compté le Bosphore au rang de leurs provinces. On a critiqué au rang, objectant qu'on dit mettre au rang et au nombre. Mais cette critique n'est pas fondée ; et l'on peut aussi bien dans un rang que dans un nombre. »
    2. Compter de faire, ou faire. L'un et l'autre se disent ; le dernier est plus usité présentement ; l'autre l'était plus autrefois.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. CXCIV: Je ai cunté, n'i a mais que sept lieues
    XIIème siècle
HUES D'OISI: « Or menrez [mènerez] vous honteuse vie ci ; Si vous conte on avoec les recreans »
    XIIIème siècle
     Berte, XCVII: Sans les autres richesses que je ne sai conter
BEAUMANOIR: « Et quant le [la] coze faut, et il ont conté ensanlle de la perte ou du gaaing qu'il y orent, la compaingnie est faillie »
BEAUMANOIR: « Et qui ainsi conte, il conte sagement et loialment »
ID.: « Tuit li enfant d'un mariage, quant il vienent en compaignie avec le secont mariage ou avec le tiers, ne sont conté que por une sole personne »
    XVème siècle
FROISS.: « Il [Charles VI] pensoit les [Bretons, Normands, etc.] embesogner sur les Parisiens qui avoient fait faire et forger les maillets ; et oit-on à eux [leur demanderaiton compte] »
FROISS.: « Et si ne leur vint à nul profit qui à fasse »
CH. D'ORL.: « Au fort, martir on me devra nommer, Se Dieu d'amours fait nulz amoureux saints, Car j'ay des maulx plus que ne sçay »
     Perceforest, t. II, f° 137: Si veit [elle vit] que sa philozomie donnoit à congnoistre qu'elle comptast pou [peu] à une telle adventure dont elle se complaignoit
LOUIS XI: « Affermant que, s'il l'y trouvoit, il oit avec lui [aurait affaire à lui] et le feroit retourner outre son plaisir »
    XVIème siècle
RAB.: « Compte nous entierement l'ordre, le nombre et la forteresse de l'armée »
RAB.: « Vous comptez sans vostre houste »
MARG.: « Mon cousin, ce porteur vous sçaura bien au long de l'empeschement que j'ay eu jusques icy »
MARG.: « Vous ne vous repentirés d'avoir prochassé de l'honneur à ceulx desquels vous pouvés conter la maison la vostre mesmes »
MONT.: « En un beau corps il ne fault qu'on y puisse les os et les veines »
MONT.: « Tout compté, il y a plus de peine à garder l'argent qu'à l'acquerir »
MONT.: « Je ne sçais ny à ject ny à plume »
LOYSEL: « Qui compte seul, compte deux fois, comme celui qui compte sans son hoste »
AMYOT: « Comptant le nombre des victoires qu'il avoit emportées »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. comtar, condar ; anc. catal. comptar ; espagn. contar ; ital. contare ; du latin computare, , de cum, et putare, penser (voy. PUTATIF).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Nombrer, calculer. "Compter de l'argent. Comptez combien il y a de personnes là. Compter l'heure. Compter les heures. Compter les voix. Compter les suffrages. Compter des soldats. Je les ai comptés un à un. Compter jusqu'à vingt, jusqu'à cent. Compter sur ses doigts, par ses doigts. Compter les mois par les révolutions lunaires. L'hégire est l'époque d'où les mahométans comptent leurs années."
Fig., "Compter les jours, les heures, les moments, etc.," se dit quelquefois Pour exprimer qu'on trouve les jours très-longs, etc. "Je compte les moments passés loin de toi."
"Compter une somme à quelqu'un," La lui payer. "On lui compta mille francs. Plusieurs sommes lui ont été comptées."
"Compter une chose à quelqu'un," Lui en tenir compte. "Dieu nous a un verre d'eau et un soupir donnés en son nom."
Fig. et fam., "Compter les morceaux de quelqu'un," Tenir compte de ce qu'il mange; et, par extension, Tenir compte de ce qu'il dépense, pour quelque chose que ce soit.
Fig. et fam., "Compter les morceaux à quelqu'un," Ne lui donner que le juste nécessaire.
Fig. et fam., "Compter ses pas," Marcher lentement. "Compter tous les pas de quelqu'un," L'observer de fort près, le surveiller attentivement.
"Compter tant d'années de service, d'exercice, etc.," Avoir servi, avoir été dans un emploi pendant tant d'années. "Il comptait dix années de service. Ce prince comptait déjà vingt années de règne." On dit de même, en parlant Des monuments, des institutions, des peuples, etc., "Compter tant d'années, de siècles, etc., d'existence."
Absol. et poétiq., "Compter tant d'années, de printemps, d'hivers, etc.," Être âgé de tant d'années. "Elle comptait à peine seize printemps. Il comptait déjà soixante hivers."
de," À partir, à dater de. de demain, le prix des places sera augmenté."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois figurément, dans le style élevé, Marquer, signaler; et alors il est toujours suivi de la préposition "par. Compter ses jours par des bienfaits. Toutes les années de son règne furent comptées par des triomphes."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Comprendre dans un compte, dans une énumération. "Nous étions douze, en comptant les femmes, sans les enfants. Sans vous . En vous comptant. Vous avez oublié de un tel. Je ne compte pas la perte qu'il a faite, on l'en a suffisamment dédommagé. Sans tout ce qu'il a déjà reçu. Sans que vous serez nourri et logé." Il s'emploie, dans ce sens, avec le pronom personnel. "Voyez combien nous sommes, et n'oubliez pas de vous ."
"Compter parmi ses aïeux, parmi ses ancêtres, etc.," Avoir au nombre de ses aïeux, de ses ancêtres, etc. "Il compte des rois parmi ses aïeux. Il compte des maréchaux de France et des connétables parmi ses ancêtres." On dit de même, "Compter une personne, une chose parmi d'autres," en parlant D'une personne, d'une chose qui est ou que l'on range parmi d'autres. "On comptait parmi les coupables tels et tels. Cet exploit doit être compté parmi les plus glorieux. Il comptait parmi ses provinces tel et tel pays." On dit aussi quelquefois, "Compter au nombre. Je crois pouvoir vous au nombre de mes amis."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se prend quelquefois dans le sens passif d'Être compté. "Cela ne compte pas, ne peut pas , ne doit pas . Il a cessé de parmi les vivants."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Calculer, supputer, venir à compte; et alors il s'emploie d'ordinaire absolument. "Voyons ce que vous avez reçu, ce que vous avez dépensé, il faut . J'ai compté avec un tel, je ne lui dois rien. Compter la dépense. Ce n'est pas le tout que de , il faut payer. Il ne veut ni ni payer. Il compta par-devant un référendaire de la cour des comptes. Compter de clerc à maître. Compter avec soi-même."
Il signifie également, Rendre compte; et alors il se met avec la préposition "de. J'ai compté de la dépense et de la recette. Il a touché ces fonds, et en a compté à la cour des comptes."
"Compter par tête, par pièce," se dit dans les hôtelleries et les autres lieux où l'on donne à manger, et où la dépense de bouche se compte selon le nombre des personnes qui ont mangé, ou selon le nombre des pièces qu'on leur a fournies.
Prov. et fig., "Qui compte sans son hôte, compte deux fois," On se trompe ordinairement quand on compte sans celui qui a intérêt à l'affaire, quand on espère ou qu'on promet une chose qui ne dépend pas absolument de nous. On dit de même, "Il a compté sans son hôte."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Se proposer, croire. "Il compte partir demain. Comptez que vous me trouverez toujours prêt à vous servir."
"Compter sur quelqu'un," Faire fond sur lui, comme sur un homme dont on est assuré. On dit dans le même sens, "Compter sur quelque chose. Compter sur ses forces, sur sa jeunesse, sur ses grands biens, sur son crédit, sur son savoir. Il ne faut sur rien de ce qu'il promet. Ne comptez pas sur ses promesses."



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Réputer, estimer; et alors il se construit avec la préposition "pour. Il faut le pour mort. Il compte pour rien tous les services qu'on lui rend. Il compte cela pour beaucoup. Il faut ce général pour dix mille hommes." Il s'emploie de même avec le pronom personnel. "Pensez-vous qu'il se compte pour rien?"



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Konté"; 1re lon. 2e "é" fer.
- "Malherbe" écrit toujours, en ce sens, "conte", "conter"; "Rapin" met tantôt "comter", et tantôt "conter"; Richelet, "compte", ou "comte", "compter", ou "comter". Toutes ces manières d'écrire sont vicieûses, et parce qu'elles sont contre l' usage, et parce qu'elles confondent ces mots avec d'aûtres, qui ont des significations bien diférentes. Voyez "Comte", "Conte", "Compte", au mot CONTE.] 1°. Nombrer, Calculer. "Compter" de l'argent";" " les" heures, "les" voix, "les" suffrages, etc.
- 2°. Avoir au nombre de.... "Compter parmi" ses ancêtres "des" Maréchaux de France.
- 3°. "Neutre", venir à compte. Il faut "compter": J'"ai compté avec" lui, je ne lui dois plus rien. 'Ce n'est pas le tout que de "compter": il faut payer. 'Il ne veut ni "compter", ni payer.
- 4°. "Compter sur" quelqu'un, faire fond sur lui, comme sur un homme dont on est assuré. 'Il a tort de " sur" moi; je "compte sur" vous.
- On dit, dans le même sens, " sur" ses forces, "sur" sa jeunesse, "sur" ses grands biens, "sur" son crédit, "sur" son savoir.
- 5°. "Compter", croire, se proposer; il régit l'infinitif sans prép., ou avec "de", ou "que" avec l'indicatif, ou le subjonctif; le 1er, quand le sens est afirmatif, le 2e quand il est négatif ou interrogatif. Il "Compte partir", ou "de partir": Je "compte que" vous le ferez: Je "ne compte pas", ou "puis-je que" vous le "fassiez"? 'Il "compte de partir" demain. "Sév." 'Plan auquel Charlemagne "comptoit" dans la suite "doner" la dernière main.
- 6°. Réputer, regarder comme. 'Il faut "le pour" mort. "Acad." 'Le fils qui lui restoit "se comptoit" déja "pour" Roi. "Rollin".
   Rem. 1°. "Compter pour rien", s'emploie sans négative. 'Tout espace fini comparé à l'éternité, qui n'a point de fin, non-seulement doit "être compté pour" peu de chôse: mais "pour rien" du tout. 'Il "compte pour rien" tous les services qu'on lui rend. "Acad." Tout ce que je n'ai pas, je "le compte pour rien".
   On ne doit pourtant pas condamner, "ne pour rien": il se trouve dans quelques bons livres. "Bouh." 'La vertu "ne compte" les hommes pour "rien"; parce que Dieu seul, qui la voit, doit être son Juge. "Mass." 'Innocent II. "ne compta pour rien" les procédûres faites par ordre du Roi. "Moreau".
- Corneille dit, " à rien", et lui fait régir le datif de la persone.
   Je ne "vous compte à rien" le nom de mon Époux.
       Polieucte.
On ne le dirait pas aujourd'hui.
- "Boileau" dit, "ne rien": il n'est pas non plus à imiter.
   Moi qui "ne compte rien" ni le vin, ni la chère,
   Si l'on n'est plus au large, assis en un festin,
   Qu'aux Sermons de Cassagne, ou de l'Abbé Cotin.
   "Boileau", dit "Brossette", aurait pu mettre, "moi qui compte pour rien": mais il a cru l'aûtre manière plus conforme à l'usage. Il est fort douteux que ce fût alors l'usage: mais ce qui n'est pas douteux, c'est que "ne rien", serait aujourd'hui un barbarisme.
- Au reste, "Brossette" remarque fort bien, qu'aprês "ne pour rien", il faut mettre "ni".
   Je "ne compte pour rien", "ni" le vin, "ni" la chère.
Et après " pour rien", la conjonction "et":
   Moi, qui "compte pour rien", "et" le vin, "et" la chère.
   On dit aussi, " pour quelque chôse", " pour beaucoup".
   Quoi! lorsque vous voyez périr votre Patrie,
   "Pour quelque chôse", Esther, "comptez-vous" votre vie?
       "Racine".
'Je "compte pour beaucoup" le plaisir de prévoir, d'espérer, de craindre même, et d'avoir un avenir devant soi. "Fonten."
   2°. En matière de reddition de compte, le verbe "compter" régit l'ablat. de la chôse, et le dat. de la persone. 'Il "comptoit du" reste "au" Souverain, lorsqu'il n'en avoit pas obtenu un abonement. "Moreau".
- On met aussi, pour la persone, la prép. "avec": 'Vous prendrez ce qui vous sera nécessaire, et vous "compterez avec" mon Intendant "de" ce qu'il y aura de surplus.
   3°. "Se " régit les participes; se regarder comme. 'Ils virent la conspiration générale, et "se comptèrent" perdus. Voyez D'ANSON.
   On dit proverbialement, " sans l'hôte", sur des évènemens incertains.
- "Qui compte sans l'hôte", "compte deux fois": 'Quand on compte sans la Providence, il faut très-souvent " deux fois".
   L'"Acad." dit, "qui compte sans" son "hôte", etc. mais il me semble que "mon hôte", "votre hôte", "son hôte", ne signifie pas un aubergiste, mais un ami qui nous reçoit, etc.; et ainsi, des deux manières dont le proverbe est cité dans les Dictionaires et les Auteurs, je préfère la première.
   Il "comptoit", l'insensé, dans ce nouvel état,
   "Jouir" d'un destin plus prospère;
   Mais il "comptoit sans un vieux Chat",
   Qui... le croque en guise d'un rat.
       "L'Ab." Reyre.

- "Compter ses pas", au propre, marcher lentement; au figuré, agir avec circonspection. "On compte ses pâs", on l'observe de fort près.
- "Compter les heûres", "les momens", atendre avec impatience.
- "Compter les morceaux à" quelqu' un, s'impatienter de ce qu'il mange long-temps, "ou", lui reprocher la nourritûre qu'on lui done.
- "Tout compté", "tout rabatu", tout bien considéré, avantages et inconvéniens balancés et compensés.




Emplacement dans le dictionnaire :

comptage
comptant
compté
compte
compte rendu
compte rendu
compte-fils
compte-gouttes
compte-pas

comptereau
compteur
compteuse
comptoir
compulsation
compulsé
compulser
compulsif
computer
computer
comtal




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...qui fut grand, en effet ; toute fleur florit au verger, et quant à la dame, son penal d'arroi fut fait de ces riches draps que rien n'entame, et ses cavales étaient vénètes, et l'on pouvait en compter cent, et nulle bête qui soit en mer ni en bocage qui ne fût à fin or portraite sur son chevet. C'était (tu dois bien t'en souvenir), c'était la plus noble dame de la cité. Claire était la face de la...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...périodiques, et les distributions qui les accompagnaient souvent tenaient lieu de secours et faisaient l'office d'une assistance indirecte. De toute manière, les malheureux savaient qu'ils pouvaient compter sur cette subvention dissimulée. -comme corollaire de ce caractère religieux, le collège d'artisans était, en même temps, un collège funéraire, unis, comme les gentiles, dans un même culte pendant...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...de beaucoup la plus importante qu'ait faite le droit pénal est celle qui est due à la disparition totale ou presque totale des crimes religieux. Voilà donc tout un monde de sentiments qui a cessé de compter parmi les états forts et définis de la conscience commune. Sans doute, quand on se contente de comparer notre législation sur cette matière avec celle des types sociaux inférieurs pris en bloc,...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...peut être douce pour des hommes d'une autre constitution physique et morale. Par exemple, quand, dès l'enfance, on est habitué à exposer sa vie à chaque instant et, par conséquent, à ne la compter pour rien, qu'est-ce que la mort ? Pour nous apitoyer sur le sort des peuples primitifs, il ne suffit donc pas d'établir que l'hygiène y est mal observée, que la police y est mal faite. L'individu...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...attachent les uns aux autres et à la société, qui font de la masse des individus un agrégat et un cohérent. Est moral, peut-on dire, tout ce qui est source de solidarité, tout ce qui force l'homme à compter avec autrui, à régler ses mouvements sur autre chose que les impulsions de son égoïsme, et la moralité est d'autant plus solide que ces liens sont plus nombreux et plus forts. On voit combien il est...


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